Magazine janv/fév 2010 n°246
 
AUTO MOTO DISCO

Salon Automobile de TOKYO : des absents et des nouveautés
À peine le temps de se remettre des émotions du Salon de Francfort, que déjà les affaires reprennent, pour une 41ème édition du Salon de Tokyo (24 oct - 4 nov 2009) qui était cette année très tournée sur elle-même. Les Européens, les Américains et même les voisins Coréens avaient en effet décidé de bouder l’événement. Raison invoquée : la crise évidemment !

 
 

Résultat : à part Lotus, Caterham et le préparateur allemand Alpina, aucun constructeur étranger n'a fait le déplacement dans la capitale nipponne ! Même les voisins coréens ont boudé le show. Certaines marques ont préféré mettre le paquet sur la Chine : il faut rappeler que c'est Shanghai qui a eu la primeur de la Porsche Panamera ! Les autres préfèraient attendre le salon de Los Angeles de décembre.

Dès lors, le salon de Tokyo serait-il sur le déclin ? Sans doute pas. Ceci reste très conjoncturel et, reprise économique aidant, tout devrait rentrer dans l'ordre pour la prochaine édition, en 2011. Et malgré l'ambiance morose, les constructeurs nippons continuent de faire preuve d'une belle créativité.

Le salon de Tokyo a historiquement toujours été le lieu où les constructeurs nationaux libèrent leur imagination et dévoilent sans arrière-pensée des concept-cars farfelus et des créations automobiles déjantées. À côté de cet aspect folklorique, les marques japonaises profitent également de l'événement pour dévoiler leurs trésors technologiques et leurs projets les plus fous.

Lors de ce Salon encore, il y en a donc eu pour tous les goûts : de l'étonnant véhicule monoroue Honda U3-X (mais est-ce encore une «automobile» ?) à la supercar Lexus LF-A en passant par cette Nissan Land Glider qui s'incline dans les virages.

À première vue,le Honda U3-X ressemble à une radio portative. Pourtant, c'est bel et bien un... véhicule ! C’est une sorte de Segway, mais il pousse le raffinement encore plus loin en se contentant d'une seule roue ! Il se maintient en équilibre automatiquement grâce à des gyroscopes. Une technologie héritée des robots Asimo que Honda développe depuis plusieurs années. Reste à voir si la marque osera commercialiser cet étonnant engin...

Mais la grosse star de ce salon restera la version définitive de la Lexus LF-A. La filiale luxe de Toyota s'est enfin décidée à lancer la version de série de sa supercar. Son style agressif, mais pas vulgaire, annonce la couleur. Produite à la main à 500 exemplaires, dont seulement 6 pour la France, elle est dotée d'un V8 de 570 ch. De quoi offrir des performances décoiffantes. Seul petit rayon de soleil au milieu d'une industrie auto nippone en berne.
Comment réinventer l'automobile urbaine dans son coin ? C'est ce que semble tenter Nissan si l'on peut toujours considérer ce Land Glider Concept comme une automobile.
Comme le Carver One, le Land Glider se base sur un système pendulaire qui le fait pencher dans les virages. Le conducteur dirige l'engin par l'intermédaire d'un guidon composé de deux joysticks et non plus par un (désuet ?) volant ; il propose deux places l'une derrière l'autre.

Et tandis que la course entre constructeurs semble s'établir sur un maximum de passagers dans un minimum de... longueur afin d'optimiser l'encombrement et surtout le stationnement en milieu urbain, Nissan prend donc le parti, avec le Land Glider Concept, de ne proposer que deux places dans un véhicule assez long mais très étroit.

Lotus, l'un des rares constructeurs étrangers présents à Tokyo.  n'a pas fait le voyage pour rien, en apportant dans ses valises l'Exige Scura : une série limitée à 35 exemplaires tout de noir vêtus. Outre sa peinture noire mate, l'Exige Scura dispose d'un launch control, d'un antipatinage réglable ainsi que de suspensions réglables. Son moteur 1.8 à compresseur de 260 ch la propulse de 0 à 100 km/h en 4,1 secondes. Dans l'habitacle aussi, noir c'est noir ! Le carbone est omniprésent, de la console centrale à la coque des sièges. Vous pouvez d'ores et déjà commander l'Exige Scura... en échange d'un chèque de 61 200 euros, bien entendu.


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