Magazine mars 2010 n°247
 
INFOS SYNDICALES

• Participation de l ’UMIH aux travaux de l'observatoire des lieux de vie et de diffusion   musicale

• Contrat initiative emploi : le nouveau contrat unique d'insertion (CUI-CIE)
• Éthylotests et débits de boissons : Comité Sécurité routière
Fermeture à 7 h du matin ; la suite de vos réactions


● PARTICIPATION DE L’UMIH AUX TRAVAUX DE L’OBSERVATOIRE DES LIEUX DE VIE ET DE DIFFUSION MUSICALE


lL’UMIH a activement participé aux travaux de l’Observatoire des lieux de vie et de diffusion musicale organisés le 1er février dernier par la mairie de Paris. Lors de ces échanges, les professionnels du monde de la nuit ont pu débattre de leurs difficultés, émettre des solutions et demander aux pouvoirs publics une politique ambitieuse en faveur de la vie nocturne.
Pour Laurent Lutse, président de la Fédération nationale des cafés, brasseries et du Monde de la
nuit (FNCB-MN) au sein de l’UMIH «il était urgent de réunir les acteurs du monde de la nuit pour
entendre leurs spécificités et leurs difficultés. Ces établissements déjà confrontés à une réglementation contraignante sont de plus en plus souvent sanctionnés et les interdictions se multiplient». L’enjeu porte non seulement sur la vie nocturne mais aussi sur l’attractivité touristique dans son ensemble. 
Ralliés dans l’action, la CSCAD (Chambre Syndiclale des Cabarets Artistiques et Discothèques), le Bemin et l’Umih représentent 2350 discothèques, 450 cabarets et plus de 8000 établissements à vocation nocturne. Ceux-ci souhaitent que la capitale française puisse bénéficier d’une réelle vie nocturne en phase avec les attentes. “La spécificité des entreprises de cabarets artistiques, salles et lieux de spectacles vivants, bar d’ambiance, concerts, variété, jazz, chansons, karaokés et discothèques permet de créer de la valeur pour de nombreuses activités” a souligné la profession.
Première victoire pour cette dernière puisque la mairie de Paris a annoncé la tenue d’États Généraux de la Nuit dans le courant de l’année. Une prochaine réunion de l’Observatoire des lieux de vie et de diffusion musicale a également été fixée au 26 mai prochain.


● LE CONTRAT INITIATIVE EMPLOI : LE NOUVEAU CONTRAT UNIQUE D’INSERTION (CUI-CIE)

Depuis le 1er janvier 2010, pour les entreprises du privé, ce dispositif est destiné aux personnes sans emploi qui rencontrent des difficultés sociales et professionnelles d’accès à l’emploi. Le contrat, conclut par écrit, peut être à durée déterminée (6 à 24 mois) ou indéterminée ; à temps plein ou à temps partiel (entre 20h et 35h / semaine).
L’employeur bénificie d’une aide financière allant de 40% à 45% du taux horaire brut du SMIC par heure travaillée, dans la limite de la durée légale hebdomadaire du travail, soit 35 heures. Pour les CUI-CIE, il n’y a pas d’exonération de charges sociales spécifiques. L’employeur pourra bénéficier uniquement du régime général d’exonération dite réduction Fillon.
L’employeur qui souhaite recruter une personne dans le cadre d’un CUI-CIE doit, avant l’embauche du salarié, conclure une convention individuelle avec l’État, le futur salarié, précisant les engagements de chacune des parties. Puis l’employeur conclut le contrat de travail, qui sera adossé à cette convention.
Le CUI-CIE prévoit la mise en place d’actions d’accompagnement favorisant l’insertion professionnelle durable du salarié (désignation d’un tuteur, accompagnement et formation, bilan et attestation d’expérience professionnelle à la fin du contrat pour les CDD).


● ÉTHYLOTESTS ET DÉBITS DE BOISSONS DÉCISIONS DU COMITÉ INTERMINISTÉRIEL DE LA SÉCURITÉ ROUTIÈRE DU 18 FÉVRIER 2010


Mesure n°4 : Des éthylotests disponibles dans les débits de boissons
Les lieux où l’on peut consommer de l’alcool seront incités à offrir à leurs clients la possibilité de mesurer leur alcoolémie avant de reprendre le volant. La conduite en état d’alcoolémie illégale est aujourd'hui la première cause d'accident mortel de la circulation routière. 1 200 personnes ont perdu la vie en 2008 dans un accident de la route, le conducteur présumé responsable présentant un taux supérieur au taux légal. Le Comité interministériel de la sécurité routière (CISR) du 13 février 2008 avait décidé que les débits de boissons de vente à consommer sur place autorisés à fermer après 2 heures seraient tenus de mettre à disposition du public des éthylotests électroniques («bornes»). Cette disposition est reprise dans le projet de loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (LOPPSI).
Cette possibilité de se tester avant de reprendre le volant devrait être offerte à toute personne qui aurait consommé de l’alcool dans un établissement habilité à en vendre. C'est pourquoi dans tous les débits de boissons, les propriétaires ou gérants seront incités à offrir ou à vendre à leur clientèle des éthylotests chimiques ou à s’équiper en éthylotests électroniques. Leur présence permettrait de faire de l’autocontrôle un geste quotidien. Ainsi, la possibilité serait donnée à chaque conducteur qui consomme de l’alcool de trouver facilement un moyen de se tester sur place.
Depuis plusieurs années, la Délégation à la Sécurité et à la Circulation Routières (DSCR) mène des campagnes en faveur de l'autocontrôle, notamment celle intitulée «Soufflez, vous saurez».
En décembre 2009, l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH), le Bureau européen des médias de l’industrie musicale (AFEDD BEMIM) et le Syndicat des cabarets parisiens
ont mis à disposition de leur clientèle des éthylotests, de manière volontaire, dans la capitale et le département des Landes. Ces campagnes seront poursuivies en 2010, en partenariat avec la profession, avant que la LOPPSI ne généralise cette disposition.
Décision du Comité interministériel de la sécurité routière
Lancer en 2010, en lien avec les professionnels une campagne destinée à inciter tous les débits de boissons de vente à consommer sur place, ouverts en journée (cafés et restaurants, détenteurs d’une licence pérenne ou temporaire), à mettre à disposition de leurs clients gratuitement ou à titre onéreux des éthylotests chimiques ou des éthylotests électroniques certifiés.
Cette mesure prolonge la décision prise par le CISR de 2008, qui concernait les établissements ouverts entre 2 heures et 7 heures du matin dans lesquels des dispositifs de dépistage électroniques doivent être mis en place.


● FERMETURE À 7 HEURES DU MATIN : SUITE DE VOS RÉACTIONS


LE DO.RÉ.MI (49)
Concernant les nouveaux horaires, c'est UN GRAND BONHEUR...Les raisons sont les suivantes :
A) Augmentation relativement importante de la fréquentation de l'établissement : Exemple + de 700 clients le vendredi soir, contre 600 avant. Idem le samedi, avec une clientèle un peu plus âgée.
B) Bien évidemment un chiffre d'affaires plus élévé, comme le week-end où nous avons dépassé les 40.000 €uros... Mais cela n'est pas le plus important à mes yeux.
C) Un départ progressif de la majorité de la clientèle, entre 4h et 5h30, sans aucune bousculade et en toute séreinité.
D) Aucun problème au vestiaire et surtout pas d'attente.
E) Programmation simplifiée pour les retours avec mes 4 bus, mais également aucun problème et pas d'attente non plus. Idem pour les 2 minibus, qui prennent le temps de ramener tranquillement les clients à leur point de départ...alors qu'avant les chauffeurs étaient obligés d'aller le plus rapidement possible pour ne pas faire attendre les clients (parfois pendant 1h30).
F) Pas un seul problème sur le parking.
G) Pas de réaction négative de la part des clients concernant l'arrêt de la vente d'alcool à : 5h30, ni d'augmentation significative des ventes de bouteilles.  
H) Et pour nous, les patrons : beaucoup moins de stress et d'angoisse. Je pense que nous fermerons à 6h le samedi matin et à 7h le dimanche, en reculant l'heure d'ouverture de 23h à minuit. C'est tout simplement "intelligent" de la part des pouvoirs publics d'avoir enfin compris que nous existons, et que notre profession a bien changé depuis quelques années. Nous pourrons certainement constater, à court terme, qu'il y aura beaucoup moins de problèmes dans les établissements de nuit.
André LENFANT 

LE PARADISE (50)

En trois semaines, il y a eu un retour de l’activité avec un acroissement de 30% de clientèle, groupe et bouteilles. Une augmentation du panier moyen se fait ressentir. Le comportement de la gendarmerie est différent, les contrôles sont effectués à l’arrivée en discothèque et non plus au retour (devinez pourquoi ?)
Olivier PICARD

LE CHAT NOIR (54)
Concernant l’ouverture jusqu'à 7 heures, je n’y vois que des points positifs : 
1) Écoulement facilité lors de la sortie des clients avec un étalement sur une période plus longue. 
2) Plus de stress par rapport à un horaire de fermeture antérieurement fixé à 5 heures et même si nous constatons que vers 6 h 15, il ne reste quasiment plus de clients (le dimanche matin). 
3) 7 heures étant un horaire «large» surtout la semaine (mais on ne va pas se plaindre : qui peut le plus, peut le moins) mais on peut désormais déborder après 4h et ceci toujours sans stress ! 
4) Pas de problème avec les clients pour stopper la vente d’alcool 1h30 avant la fermeture. 
5) Pas de problème économique car en effet , notre CA est déjà réalisé quand nous stoppons la vente. 
6) Les nuisances sonores des sorties, s’il y a lieu, sont grandement atténuées. 
7) Et pour les grandes villes comme Nancy, il est évidemment plus facile d’avoir un taxi, d’attraper un bus ou même de prendre un café croissant au petit matin.
Cyril

LE KES WEST (62)
Le Décret ? Il a le mérite d'exister ! Toutes les discothèques situées en France sont désormais reconnues en tant que telles et bénéficient des mêmes horaires. Ou plutôt, nous avons la possibilité de fermer à 7h00. Ici, nous faisons le choix, nous, de fermer nos salles successivement de 4h45 à 5h30. Le complexe est complètement vide à 6h00. Nous arrêtons donc de servir l'alcool à 4h30. Nous souhaitons une sortie progressive des clients donc plus confortable avec moins d'attente au vestiaire, à la sortie et sur les parkings. D'ailleurs nous rencontrons beaucoup moins de problème sur ce point. Nous refusons d'ouvrir jusqu’à 7h00 car nous craignons une arrivée encore plus tardive de la clientèle (avec moins d'argent & plus de problème à gérer, notamment l'alcool). Il faut également regarder le coût d'exploitation avec plus de 60 salariés et le chiffre d'affaires généré par cet horaire supplémentaire.
Jérémy

THE LEGEND PROSPER (83)
Je me réjouis pleinement de ce décret. Avec celui-ci, nous n’avons plus à demander le droit au travail (demande de fermeture tardive). Nous allons enfin vers la reconnaissance de notre profession après 49 ans d’attente. Les banquiers vont être un peu moins frileux. Les Préfets, Maires, et forces de l’ordre, ne pourront qu’accepter ce décret. Reste maintenant à travailler sur les jours d’exploitation qui sont aléatoires et au bien vouloir des Maires. On ne peut imposer à une entreprise d’ouvrir tel ou tel jour alors que le gouvernement va vers une ouverture pour les commerçants le dimanche. Va t-on imposer à une entreprise de TP de ne travailler que le lundi et le mardi ? Non. Tout ceci avec comme excuses, que les forces de l’ordre n’ont pas les effectifs requis. Une discothèque est un lieu public dans un endroit privé, et non un lieu public sur le domaine public, et encore moins un service public. De plus, les services de police arrêtent à 5h avec une relève de jour. Les services de gendarmerie sont d’astreinte en permanence. Reste les services municipaux (police municipale) où là, les Maires n’ont qu’à réaménager leur créneau horaire. Dernier point et pas des moindres, pour les bars ou établissements de before, il leur faut une fermeture à 2h. Si l’on suit le décret, il est applicable à tout établissement ayant une piste de danse, chose qu’ils ont. À ce moment là, ils vont fermer à 7h et devenir une véritable discothèque. Aujourd'hui tout est n’importe quoi : les restaurants font danser, les bars font danser, avec des créneaux d’exploitation allant jusqu’à 19h. L’ouverture d’un bar est à 6h30, pouvant fermer à 2h30, alors que nous ouvrons à 23h30 pour recevoir une clientèle qui arrive à partir de 1h30. Nous attendons que ce type d’établissement ferme pour commencer à travailler.                                             
Gilles PINSON, Président des discothèques au sein de l’UMIH 83 

L’ANTARES (87) & LE VILLAGE (24)
Nous faisons garderie jusqu'à 7h, (on ne sert pas d'alcool après 5h30, et il ne reste pas énormément de monde) car le gros de la clientèle part vers 5h30, c'est à dire une demi heure après l'ancienne heure autorisée.  Par contre, nos clients savent que les discothèques sont dorénavant ouvertes jusqu'à 7h, donc ils arrivent encore plus tard dans nos établisements, et ne restent pas forcément plus tard ! Conclusion : des frais de personnel en plus car ils font plus d'heures et moins de recette car les clients arrivent plus tard et partent quasiment à la même heure qu'avant !
Bruno PERIGORD   


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